Archives du groupe Electrobel

 

Conservées : aux AGR depuis 1990.


Traitement : AVAE, entre 1988 et 1990.

 

Masse : 193 mètres linéaires, 6.520 articles.

 

Inventaire : publié (BRION, R et MOREAU, J.-L., Inventaire des archives du groupe Electrobel alias Compagnie Générale d’Entreprises Électriques et Industrielles : 1862-1989, Bruxelles, Archives générales du Royaume, 2015.


Dates : les archives couvrent la période 1862-1989 mais sont inégalement réparties suivant les différents sous-fonds.

Histoire de l'entreprise

 

La société Electrobel (Compagnie Générale d’Entreprises Électriques et Industrielles fut constituée le 17 janvier 1929. Elle reprenait les actifs de trois groupes belges de tramways, de gaz et d’électricité contrôlés par la Banque de Bruxelles : la Compagnie Générale pour l’Éclairage et le Chauffage par le Gaz, alias « Gaz Belge », créée le 2 août 1862 ; la Société Générale des Chemins de Fer Économiques, créée le 12 février 1880 ; et la Société Générale Belge d’Entreprises Électriques (ou S.G.B.E.E.), créée le 25 septembre 1895.

Ces trois sociétés avaient des participations dans de nombreuses entreprises de chemins de fer à voie étroite, de tramways, d’usines à gaz et d’usines électriques. Au moment de leur absorption par Electrobel, elles étaient présentes directement ou par filiales interposées en France, en Pologne, en Italie, en Espagne, en Égypte, en Syrie, au Portugal… Elles avaient aussi des participations dans des sociétés actives dans les secteurs de la construction électrique et mécanique, de la chimie et de l’immobilier. Leur principale filiale était la société Intercom (Société Intercommunale Belge d’Électricité), créée en 1901 et exploitant des centrales en Belgique.

Le capital primitif d’Electrobel fut souscrit en ordre principal par la Banque de Bruxelles, la succursale de Bruxelles de la Banque de Paris et des Pays-Bas et la Société Générale de Belgique. En mars 1929, un syndicat de blocage des actions de priorité d’Electrobel fut créé par ses principaux actionnaires.

Désireuse de diversifier ses activités à l’étranger, Electrobel prit en 1929 une participation importante dans la société d’électricité espagnole Reva et constitua le sous-holding Hispanobel pour regrouper et financer ses intérêts en Espagne. Cet investissement s’avéra un échec cuisant : la maison mère dut éponger 200 millions de pertes. La Banque de Bruxelles, elle-même en difficultés, ne put secourir sa filiale Electrobel. Le 25 février 1930, une nouvelle répartition de l’actionnariat d’Electrobel fut décidée. Un « consortium » des principaux actionnaires fut constitué, auquel participaient la Banque de Bruxelles, la Banque de Paris et des Pays-Bas, la Mutuelle Solvay, la Société Générale de Belgique et la Sofina. Chacun de ces cinq groupes possédait désormais 67.200 des 350.000 actions de priorité du holding. La Sofina désigna le nouvel administrateur délégué du groupe : Jean Spindler.

Les années 1930 furent dures pour le groupe. Il fallut assumer la faillite des projets espagnols et faire face aussi à la récession générale des affaires. Les pays étrangers où Electrobel était actif acceptaient de plus en plus difficilement de laisser sort ir les devises nécessaires au paiement des dividendes.

Après la Seconde Guerre mondiale, l’importance des intérêts d’Electrobel dans le secteur électrique belge s'accrut, alors que les participations dans l’industrie des transports et les investissements dans des filiales à l’étranger perdaient en importance. Mais la direction du groupe redoutait qu’à terme, le secteur électrique belge soit nationalisé, à l’instar de ce qui s’était produit en Grande-Bretagne, en France ou en Italie. Cette crainte explique des diversifications d'Electrobel durant les années 1945-1980 dans des secteurs non régulés : fabrication de machines comptables pu is d’ordinateurs (firme Logabax), industrie cinématographique, installations industrielles (Fabricom), télédistribution (Coditel), etc.

À partir de 1956, Electrobel a joué un rôle clé, via sa filiale Intercom, dans le regroupement des sociétés distributrices et productrices d’électricité belges. En 1956, sa filiale Intercom a repris les actifs de la Société Desclée & Cie (distribution de l’électricité à Courtrai) puis les activités de production et de grand transport de la Compagnie d’Électricité de la Dendre (1956) et de la Compagnie Auxiliaire Électricité (1959). En 1960, Electrobel a pris le contrôle de Gazelec. L’année suivante, le groupe a absorbé Gazelec et les sociétés d’électricité et de gaz filiales d’Electrorail (groupe Empain). En 1961, le bureau d’études de cette dernière et d’Ecetra a aussi été apporté à Electrobel. En 1965, Intercom a absorbé ses filiales de distribution. Et en 1976-1977, Electrobel a fusionné avec la Société Desclée Frères S.A.

En juillet 1980, un accord fut conclu entre la Générale et GBL, qui établissait un actionnariat parallèle dans Traction et dans Electrobel. Les deux groupes Générale – Sofina et G.B.L. s’y retrouveraient désormais dans le rapport de trois pour un. L’accord prévoyait en outre, pour Traction, la réalisation d’un objectif vieux de 50 ans, le renforcement de sa position dans le Nord du pays (via Ebes). Il était prévu en effet que la société Ebes serait désormais tenue par Traction et Electrobel da ns les proportions de trois pour un. En revanche, Electrobel voyait ses intérêts renforcés en Unerg, de telle manière que les participations des groupes Tractionel-Ebes et Electrobel-Intercom y seraient désormais à égalité. Enfin, Traction n’était désormais plus actionnaire d’Electrobel.

Cependant, la société française Logabax, filiale d’Electrobel spécialisée dans la production de machines informatiques, déposa son bilan en juin 1981. Cette faillite déstabilisa les finances d’Electrobel. Une restructuration du groupe s’en suivit. Jacques van der Schueren fut appelé à la tête de la direction d’Electrobel. Une direction générale fut créée en février 1981 pour assumer la gestion journalière du groupe.

En 1986, le portefeuille d’Electrobel était réparti de la manière suivante : 69,4 % dans le secteur énergie (électricité et gaz) ; 10,6 % dans des sociétés financières ; 3,8 % dans le secteur des travaux et services techniques ; 4,6 % dans le secteur télédistribution ; 4,2 % dans l’électronique, les télécommunications et les médias ; et 3,6 % dans des sociétés d’ingénierie. Le 26 mai 1986, la société Electrobel entra en liquidation pour fusionner avec Tractionel S.A., à laquelle elle apportait l’ensemble de sa situation. Une nouvelle société est née de cette opération : le groupe Tractebel.

Intérêt

 

Electrobel fut longtemps l’un des principaux holdings ou « trusts » ayant fonctionné en Belgique, actif principalement dans les secteurs de l’énergie (gaz, électricité, nucléaire…), des transports et de l’ingénierie. Ses archives sont une source fondamentale pour l’histoire industrielle de la Belgique, mais aussi de nombreux pays où le groupe a été actif.

Les archives concernent différents secteurs industriels : énergie (gaz, électricité, pétrole, charbon, nucléaire), transports en commun (tramways, autobus, chemin de fer), ingénierie, installations techniques, construction métallique et électrique, médias (cinéma), télécommunications (téléphone, radio, télévision), construction de machines comptables et informatiques, construction et entreprises de travaux, matériaux de construction, immobilier…

Les pays concernés sont tout aussi divers : Allemagne, Belgique, Congo, Espagne, France, Italie, Lettonie, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Russie, Tchécoslovaquie (aujourd’hui République tchèque et Slovaquie), Ukraine… pour ne citer que les principaux.

 

Contenu

 

Les archives d’Electrobel se répartissent en 95 sous-ensembles qu’on peut regrouper ainsi : archives des organes statutaires et de direction de la société (8 sous-fonds), archives du secrétariat général et collection documentaire (3 sous-fonds), archives d’administrateurs et cadres (5 sous-fonds), archives de holdings dont l’activité a été reprise par Electrobel (8 sous-fonds), archives propres de filiales (62 sous-fonds), archives d’organismes divers à caractère économique (6 sous-fonds), archives d’organismes à caractère social (2 sous-fonds), collection d’anciens inventaires (1 sous-fond).

 

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