Archives de la société Umicore

 

 

Conservées aux AGR depuis 2008.

 

Traitement : AVAE en 2008-2011.

 

Masse : 57 mètres linéaires ou 1.185 articles.

 

Inventaire : non publié (BRION, R et HENDRICK, A.., Inventaire des archives de la société Umicore : 1848-2002, Bruxelles, 2011, 127 p.).

 

Dates : 1848-2002.

Histoire de l'entreprise

 

La mine de calamine de la Vieille-Montagne, à Moresnet, est le berceau de la société Umicore. On peut en effet considérer que ses racines les plus anciennes remontent à la formation, en 1837, de la « Société Anonyme des Mines et Fonderies de Zinc de la Vieille-Montagne ». Celle-ci est une des premières multinationales au monde puisqu’elle prend des intérêts dans des filiales en France dès 1837 et en Allemagne en 1853. Au fil du 19e siècle, la société acheta des mines en Suède, Sardaigne, Australie…

Mais Umicore est le produit du regroupement de Vieille-Montagne avec d’autres sociétés de métaux non ferreux nées avant 1914. Citons l’Usine de Désargentation d’Hoboken, fondée en 1887 par les groupes allemands Metallgesellschaft et Deutsche Gold- und Silberscheideanstalt (Degussa) ; la Société des Métaux et Produits Chimiques d’Overpelt, fondée en 1898 et qui s’intéresse aussi à la désargentation du plomb ; la Société Métallurgique de Lommel, fondé en 1904 et spécialisée dans la production de zinc ; la société Union Minière du Haut-Katanga fut fondée en 1906 pour exploiter les mines de cuivre du Katanga (Congo) récemment découverts.

En 1919, la Société Générale de Belgique, qui veut construire une industrie intégrée et « nationale » des non-ferreux, reprend l’usine de désargentation créée à Hoboken par la Metallgesellschaft et l’apporte à une société nouvelle, la Société Générale Métallurgique d’Hoboken (S.G.M.H.). Principal objectif : assurer en Belgique même le traitement du cuivre congolais. La S.G.M.H. va aussi favoriser le développement d’une industrie transformatrice nationale des non-ferreux qu’elle alimente en plomb, arsenic, bismuth, antimoine, cobalt et métaux précieux : argent, or, platine, palladium.

La Société Générale fait aussi son entrée dans le secteur du zinc, en reprenant une autre entreprise allemande, la Compagnie des Métaux d’Overpelt-Lommel, et en prenant une participation dans la société Vieille-Montagne (mais sans y détenir de leadership). Dès cette époque, les participations de la Société Générale de Belgique dans de nombreuses entreprises du secteur (Union Minière, S.G.M.H., S.G.M., Overpelt-Lommel et dans une moindre mesure Vieille-Montagne) permettent de parler d’un véritable « pôle » des métaux non ferreux.

L’Union Minière du Haut-Katanga est toutefois la pièce maîtresse de la stratégie de la Société Générale de Belgique dans le secteur des non-ferreux. Le cuivre est en effet le métal qui domine la période 1880-1940. Sa consommation connaît un taux de croissance sans pareil. En 1929, il compte pour 60% de la consommation mondiale de métaux non ferreux. L’Union Minière produit 5,5% de la production mondiale, mais contrôle 15% des surplus de cuivre disponibles.

En 1959, l’Union Minière produit  280.043 tonnes de cuivre (8% de la production mondiale), 8.431 tonnes de cobalt, 117.778 tonnes de concentrés de zinc, 2.110 tonnes d’uranium, 13,6 tonnes de germanium et 148 tonnes d’argent. Elle est de ce fait le troisième producteur de cuivre au monde et le premier producteur de cobalt.

La période est aussi caractérisée par l’essor d’une gamme de métaux aux propriétés exceptionnelles qui interviennent dans les industries nucléaire, spatiale, électronique, chimique. En 1958, la capacité des usines de la S.G.M.H. atteignait 145.000 tonnes de cuivre électro, 60.000 tonnes de plomb, 11.000 tonnes d’étain, 3.000 tonnes de cobalt, 1.200 tonnes d’antimoine, 450 tonnes d’argent, 72 tonnes d’or, 50 tonnes d’uranium et de sélénium.

Après la nationalisation de ses mines au Congo, l’Union Minière réagit en tentant de devenir un pôle de concentration du secteur du zinc, en renforçant sa participation dans la Vieille-Montagne et en prenant des intérêts dans la C.R.A.M. (Compagnie Royale Asturienne des Mines) et dans la Société de Prayon (producteur de zinc dans la région de la Vesdre). Dans le même esprit, la S.G.M.H. absorbe en 1970 la Compagnie des Métaux d’Overpelt et de Corphalie et devient Metallurgie Hoboken-Overpelt, une société qui emploie 7.000 personnes.

La conjoncture économique s’écroule en 1974. La flambée des coûts de l’énergie obère lourdement les prix de revient du secteur des non-ferreux et les prix s’écroulent. En 1980, le secteur belge des non-ferreux est au bord de la faillite. En 1981, la Société Générale de Belgique restructure complètement le secteur des non-ferreux. Elle absorbe l’Union Minière, puis apporte toutes ses participations dans le secteur des non-ferreux à une « nouvelle Union Minière », dont elle possède cette fois la totalité du capital.

Fin 1988, le groupe français Suez prend le contrôle de la Société Générale de Belgique et, de ce fait, de l’Union Minière et de ses filiales. Ce changement d’actionnariat a des conséquences cruciales pour l’avenir du secteur belge des non-ferreux. En quelques mois, des décisions capitales sont prises. Le 26 juillet 1989, pour des raisons fiscales et sociopolitiques, la Société Générale décide l’absorption de l’Union Minière par les ACEC. La nouvelle entité, nommée ACEC-Union Minière, recèle d’importantes latences fiscales (environ 10 milliards). La société Union Minière créée en 1981 entre en liquidation. Immédiatement après, on décide l’absorption des trois sociétés Vieille-Montagne, M.H.O. (Metallurgie Hoboken-Overpelt) et Mechim par ACEC-Union Minière.

La concentration du secteur belge du zinc est enfin réalisée avec ce regroupement : les actifs de la business unit zinc d’Union Minière regroupent les usines des anciennes sociétés Vieille-Montagne (Balen, Viviez, Calais), Compagnie Royale Asturienne des Mines ou C.R.A.M. (Auby), M.H.O. (Overpelt), Union Zinc (Clarksville dans le Tennessee). Avec une capacité cumulée de 520.000 tonnes de zinc raffiné, l’Union Minière contrôle un peu moins de 10% de la production mondiale.

A la fin des années 1990, le groupe Suez et sa filiale, la Société Générale, se dégagent du secteur des non-ferreux.

En novembre 2000, la charte d’entreprise d’Union Minière est revue. La direction veut focaliser l’activité de la société sur des créneaux moins cycliques, innovants : catalyseurs automobiles, galvanoplastie, bijouterie, alliages pour soudure et pour les contacts électriques, etc. Pour souligner ce changement, le groupe décide d’adopter un nouveau nom en 2001 : Umicore.

En 2003, Umicore achète pour quelque 700 millions d’euros la division « Precious Metals Group » (P.M.G.), filiale de la société américaine O.M.G. dont le siège est à Hanau (Allemagne). P.M.G. emploie quelque 3.800 personnes de par le monde. C’est en fait l’ancien pôle « métaux précieux » de la firme allemande Degussa –

Dans le cadre du recentrage d’Umicore sur des activités à haute valeur ajoutée, sa direction décide en 2005 de loger les activités « cuivre » du groupe dans une entité indépendante cotée en bourse : Cumerio. Celle-ci disposera d’une capacité de production de plus de 600.000 tonnes par an et d’usines dans trois pays : Belgique, Italie, Bulgarie. En 2007, Umicore filialise de même sa division zinc : les groupes Umicore et Zinifex créent Nyrstar, principal producteur de zinc métal au niveau mondial qui dispose d'installations sur quatre continents, produisant annuellement près de 1,2 million de tonnes de zinc et d’alliages de zinc.

 

Intérêt

 

Les séries sont disparates. Il s’agit d’archives récoltées tardivement dans une entreprise qui est le fruit de nombreuses fusions. On peut véritablement parler d’épaves, sauf pour une subdivision de la première partie qui concerne le portefeuille de l’Union Minière dans les années 1960-1985 (nos 263 à 378) ; et la série de rapports annuels qui forme la troisième partie de l’inventaire, relativement complète par rapport à l’origine (nos 503 à 1185).

Bien que fragmentaires, les archives recueillies en 2008 au siège d’Umicore sont une source intéressante pour éclairer l’histoire de très nombreuses entreprises belges et étrangères, spécialement celles du secteur des métaux non ferreux. La série de rapports annuels déjà citée constitue à cet égard un patrimoine de premier plan.

 

Contenu

 

Les archives du groupe Umicore inventoriées ci-après couvrent les années 1848 à 2002. La répartition chronologique est toutefois très inégale : seules dix pièces sont totalement ou partiellement antérieurs à 1900.

Le fonds est structuré en trois parties bien distinctes.

La première reprend les archives d’Umicore et de sociétés dont elle est issue et/ou qu’elle a absorbées au cours de son histoire. Cette partie est ordonnée en donnant la priorité à la société la plus ancienne (la Société des Mines et Fonderies de Zinc de la Vieille-Montagne, transformée en 1837 en société anonyme) et en terminant par la plus récente (la Société Générale des Minerais, formée en 1919).

La deuxième partie de l’inventaire regroupe les archives de sept sociétés filiales du groupe Umicore : des entités qui ont eu une existence juridique propre mais qui, contrairement à celles de la première série, n’ont pas été absorbées au final par la société faîtière du groupe. Ces sociétés sont classées dans l’ordre alphabétique de leur nom.

La troisième partie enfin est une collection unique de rapports annuels de sociétés auxquelles l’Union Minière s’intéressait, pour quelque motif que ce soit. Certaines des entreprises concernées sont des filiales de l’Union Minière, d’autres de simples participations, d’autres encore sont comme l’Union Minière des entreprises du groupe de la Société Générale. Mais il y a aussi de la documentation sur un grand nombre de sociétés actives dans des métiers semblables ou connexes aux siens.

 

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