Archives du groupe Finoutremer - Premier versement

 

Conservées aux AGR depuis 1993.

 

Traitement : par l’AVAE en 1992-1993.

 

Masse : 210 mètres linéaires, 2.178 articles.

 

Inventaire : publié (BRION, R et MOREAU, J.-L., Inventaire des archives des groupes Compagnie du Congo pour le Commerce et l'Industrie et Compagnie du Katanga (alias « Finoutremer ») (1887-1984) , Bruxelles, 2006 (Archives générales du Royaume. Inventaires, n° 384), xlviii + 225 p.

 

Dates : les archives couvrent la période 1887-1984.

Historique de l'entreprise

Finoutremer est le résultat du regroupement, en 1972, des actifs des deux principales holdings « ex-congolaises » du groupe de la Société Générale de Belgique : Euroutremer (nom adopté en 1972 par la Compagnie du Congo pour le Commerce et l'Industrie ou C.C.C.I.) et Compagnie Financière du Katanga (anciennement Compagnie du Katanga). 
 

La « Compagnie du Congo pour le Commerce et l'Industrie » (C.C.C.I.) a été créée le 27 décembre 1886 sur l’initiative d’Albert Thys, officier d'ordonnance du Roi Léopold II, pour soutenir l’œuvre coloniale du Roi avec l’aide de fonds privés. L’assemblée générale constitutive de cette société anonyme de droit belge se tint le 9 février 1887. Au fil des ans, la société va patronner la création d’un nombre impressionnant de filiales, actives dans tous les secteurs de la vie économique congolaise : transport, agriculture, élevage, commerce, construction métallique, mines, matériaux de construction…
 

La plus importante des filiales de la C.C.C.I. est la Compagnie du Katanga, créée le 15 avril 1891 en collaboration avec un groupe de capitalistes anglais. Son objectif immédiat était d'assurer dans les plus brefs délais l'occupation effective d'un territoire s'étendant sur quelque 500.000 km² dans le bassin du Haut-Congo de façon à éviter qu’il ne soit annexé comme province de l’empire britannique. En échange de ce signalé service, la Compagnie reçut en pleine propriété le tiers des terres domaniales situées dans un territoire comprenant le bassin du Haut-Lualaba, le Haut-Lomami, le Maniéma, l'Urua et le Katanga. Les deux autres tiers restèrent propriété de l'État. En 1900, la Compagnie du Katanga et l’État Indépendant du Congo créèrent un organisme d’économie mixte pour gérer leurs patrimoines en indivis : le Comité Spécial du Katanga. Cet organisme participa notamment à la création de l’U.M.H.K. (Union Minière du Haut-Katanga) s.c.a.r.l., la société créée pour exploiter les riches mines de cuivre katangaises. 
 

Les différentes filiales et participations de la C.C.C.I. et de la Compagnie du Katanga connurent au fil des décennies des fortunes variables. Leur essor fut bridé à plusieurs reprises, par exemple à cause de la nouvelle politique économique du Roi Léopold II à partir de 1890 ou suite à la terrible crise économique et financière des années 1930. A cette époque, les groupes C.C.C.I. et Compagnie du Katanga purent heureusement compter sur le soutien de la Société Générale de Belgique, devenu leur premier actionnaire en 1928. Après la Seconde Guerre mondiale, les sociétés coloniales du groupe de la Société Générale connurent quinze années d’essor ininterrompu et ce sont des sociétés florissantes qui affrontèrent les aléas de la décolonisation. Après celle-ci, les investissements dans les affaires congolaises puis zaïroises se ralentirent. Une partie des liquidités de la C.C.C.I. est replacée dans des affaires belges. 
 

En 1972, on l’a dit, les actifs des deux principales holdings « ex-congolaises » du groupe de la Société Générale de Belgique sont regroupés. Euroutremer (nouveau nom de la C.C.C.I.) fait apport de tout son portefeuille à la Compagnie Financière du Katanga (anciennement Compagnie du Katanga). La Compagnie Financière du Katanga prend alors le nom de Compagnie Financière Européenne et d’Outremer, en abrégé : Finoutremer. A l’époque, celle-ci détient des participations dans une kyrielle impressionnante d’entreprises, dont l’Union Minière s.a. et la holding britannique Tanks Consolidated Investments. Elle a des intérêts dans de nombreux secteurs de l'économie zaïroise et dans des sociétés belges du secteur du bois et de l'agroalimentaire. 
 

De 1972 à 1985, une politique énergique de restructuration du portefeuille est menée à bien et ce, en dépit des soubresauts de la politique économique zaïroise (zaïrianisation et radicalisation). Le portefeuille de Finoutremer est assaini. Les tentatives de diversification, infructueuses, sont abandonnées. Les sociétés en cause sont liquidées ou cédées. Les filiales opérationnelles sont regroupées autour de quatre sociétés-pivots dont Finoutremer détient la majorité du capital. 
Dès 1980, il est devenu évident que le groupe Finoutremer a échoué dans sa tentative de reconversion. René Lamy, gouverneur de la Société Générale, imagine de faire reprendre les actifs du groupe par la Générale elle-même. Ce projet échoue devant une levée de bouclier des petits actionnaires, qui estiment insuffisante l’offre qui leur est présentée. 

 

La participation en Union Minière s.a. est échangée en 1981 contre des parts de réserve de la Société Générale de Belgique et celles-ci sont réparties en 1982 entre les actionnaires de Finoutremer. La société continue à élaguer son portefeuille, jugé trop disparate. Le produit des désinvestissements est consacré pour partie au renforcement des participations dans les filiales opérationnelles, au financement du développement d'Axus (société de leasing), à l'acquisition de participations d'appoint à celles de la Société Générale dans les secteurs de l’énergie et des assurances et à la constitution d'un portefeuille de placements financiers à travers une filiale financière située à Luxembourg. 
 

Durant les années 1990, Finoutremer procéda à la vente ou à la liquidation de la plupart de ses filiales. En 2000, la Société Générale de Belgique racheta les 43,7 % de Finoutremer qu'elle ne détenait pas encore. Elle proposa un prix de 240 euros par action, soit une prime de 18 % sur le cours moyen de Finoutremer durant les 20 séances de bourse précédant le 7 octobre. À cette date, Finoutremer avait trois participations principales : 0,42% de Suez, 0,26% d’Electrabel et 0,16% de Fortis. Suite à cette opération, la société Finoutremer entra en liquidation, et sa situation active et passive fut reprise également par la Société Générale de Belgique.

Intérêt

 

Les archives de Finoutremer, à l’histoire de laquelle se mêlent tant de noms phares de l’histoire entrepreneuriale des XIXe et XXe siècle (Albert Thys, Félicien Cattier, Henry Le Bœuf, Gaston Périer, Edgard van der Straeten...) sont une source indispensable de l’histoire du Congo à l’époque coloniale mais aussi après 1960. Elles intéressent aussi d’autres pays d’Afrique : Angola, Rwanda, Cameroun… Les secteurs d’activité concernés sont variés : agro-industrie, transports (aériens), matériaux de construction, manutention portuaire…
 

Compléments : en 1988, Finoutremer ne s'était dessaisie que des archives dont elle n'avait plus besoin pour sa gestion. Elle a depuis versé aux Archives Générales du Royaume un autre lot d’archives, en général plus récentes. Ce second versement est inventorié à part. Par ailleurs, la société Finoutremer fut liée à sa fondation à la Banque d’Outremer puis, après 1929, fut considérée comme une filiale de la Société Générale de Belgique. Enfin, de nombreuses archives de sociétés du groupe Finoutremer reposent dans les collections du MRAC (Musée Royal d’Afrique Centrale), à Tervueren.

Contenu

 

les archives se répartissent en quatre parties principales. 
Les deux premières reprennent les archives des holdings C.C.C.I. (Compagnie du Congo pour le Commerce et l’Industrie) et Compagnie du Katanga (alias Finoutremer). Les deux sociétés ont de tout temps été liées, malgré une participation relativement modeste de la première dans la seconde. Pour chacune des deux sociétés : C.C.C.I. et Compagnie du Katanga, l’inventaire classe séparément les documents émanant des instances de gestion des deux sociétés, de leurs cadres dirigeants, de leurs différents services : secrétariat, comptabilité, service juridique, service financier, service du personnel…

 

La troisième partie reprend les archives de pas moins de 25 filiales des deux holdings C.C.C.I. et Compagnie du Katanga, actives dans les secteurs les plus divers. Ce ne sont malheureusement que des épaves de fonds naguère très étoffés. Les filiales sont classées en fonction de leur date de création.
 

La quatrième partie reprend des petits fonds d’origine diverses mêlés aux précédents lors de l’évacuation du siège de Finoutremer, rue de Bréderode. Il s’agit par exemple d’archives concernant l’industrie sucrière, de documents concernant la famille Lippens, du secrétariat du « Comité Intérieur Congolais » du groupe de la Société Générale de Belgique (plus tard Comité Intérieur Africain), d’archives de l'Association des Intérêts Coloniaux Belges (A.I.C.B.) et deux unions professionnelles actives après la Seconde Guerre mondiale : l’Uplancao (Union Professionnelle des Planteurs de Cacao du Congo Belge) a.s.b.l. et l’Uproca (Union Professionnelle des Producteurs de Caoutchouc du Congo Belge), etc.